Petit compte-rendu du Congrès annuel, cette année à REVEL
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O. nasuta gold: Kipili or ulwile, that is the question

Aulonocranus, Callochromis, Cardiopharynx, Cunningtonia, Cyathopharynx, Ectodus, Grammatotria, Lestradea, Ophthalmotilapia, Xenotilapia
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Hulk
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Message par Hulk » 16 janv. 2010 09:13

xp12w5 a écrit : Or la vous préfèreriez ,si je vous comprends bien, par exemple dans ce cas , que l'on parle d'Ophtalmo Nasuta Gold .....et peu importe la localité ..... quel est le but ? là c'est clair que l'on ne parle plus de sélection mais son contraire , on perdrait les différenciations de localité !
De même pour tes Cypri Carl ....quel intérêt ????

Dans ce cas , puisqu'ils se ressemblent, pourquoi pas melanger du labidochromis Caeruleus Mbowe et Lion's Cove ............ c'est vrai que c'est toujours du labido caeruleus jaune .........
amicalement
Marco
Cool, Marc, c'est bien d'en débattre, mais ne t'emporte pas. Je m'explique:

Être pointilleux sur les localités, c'est bien à condition que les différences de localité soient significatives. Ça n'a pas de sens si elles ne le sont pas, et c'est contre-productif parce qu'irréaliste dans le cas d'un conservatoire.

Si les importateurs sérieux mentionnent toujours la localité précise, c'est en théorie parce que le distinguo est pertinent, mais en pratique, c'est bien souvent parce qu'on n'en est pas sûr, et qu'ils ne prennent pas eux-mêmes la responsabilité de le décider, ce qui est normal, malgré le fait que d'une importation à l'autre, le sérieux de celui qui a fourni cette localité est très aléatoire. Au passage, cette simple incertitude jette un tel doute sur n'importe laquelle de nos souches en aquarium que si l'on voulait archi-puriste, aucune ne vaut la peine d'être conservée.

Ensuite, parlons des différences dites significatives. là encore, depuis tout le temps que je m'intéresse aux cichlidés, j'ai toujours été frappé par la subjectivité des critères dits significatifs, sans parler de la méconnaissance de la variabilité réelle des populations sur le terrain. Très souvent, la différence est infime voire imaginaires entre deux variétés réputées "absolument impossible à confondre". C'est comme l'effet placebo ou les prévisions d'astrologie, si on n'essaye pas de prendre un peu de recul, il est très facile de se convaincre sur deux ou trois petits détail, qui sont en réalité de l'ordre de la variation individuelle, que ce qui a été vendu comme variété différente est réellement différent. Or, même quand il y a des différences visibles, elles restent largement dans le cadre de la variabilité naturelle d'une population.

C'est surtout sur les Tropheus qu'on observe un purisme exacerbé. Par exemple, depuis qu'on importe des Tropheus moorii moorii, c'est toujours sous quinze mille appellations ou localités différentes. Au départ, dans les années 70 et 80, il y a eu des "Zitronen 1, 2, 3"... ou des "sunset 1, 2, 3..." soi-disant impossibles à confondre. En réalité, d'après mon observation personnelle, les différences étaient minimes et non significatives: si, par malheur, deux lots arrivaient mélangés, il était impossible de dire qui était quoi. Tout au plus, pour les plus typés (un petit pourcentage), pouvait-on supposer qu'ils appartenaient à l'une ou l'autre des "variétés".

De nos jours, ces mêmes Tropheus sont importés avec des noms de localité plus précis, ce qui est mieux. Il reste qu'entre des lots de Mpulungu et de Kasakalawe, mon oeil à moi, avec ma subjectivité personnelle, ne voit pas de différence significative même sur de multiples importations. Et évidemment, sans parler du fait que certainement que des pêcheurs estampillent "Kasakalawe" des poissons pêchés à Mpulungu quand ils savent que les premiers sont plus réputés. Mais y a-t-il une différence vraiment significative? Quand de nombreuses personnes trouvent que oui, on voit une différence -le mieux est même de le faire avec des tests "en aveugle", alors, oui, le distinguo est valable. Autrement, non, on est dans le subjectif total. Bien entendu, les différences qui nécessitent un examen anatomique sont également à prendre en compte, à condition qu'il y en ait, mais je n'en parle pas pour simplifier.

Maintenant, tu pourrais me dire -et d'autres comme Laurent- que peu importe qu'on n'aperçoive pas de différence significative. Puisqu'on dispose de la localité, la rigueur nous impose d'entre tenir compte, malgré l'incertitude sur l'honnêteté du pêcheur, qui tend à se réduire au fil du temps et de la pression de la demande dans le sens d'une précision accrue. En bref, il faudrait toujours faire le distinguo, même pour un objectif purement abstrait. En théorie, oui, en pratique, c'est irréaliste.

C'est irréaliste parce que nos capacités en matière de conservation en milieu artificiel sont limitées, et donc, le nombre d'espèces x localités que nous pouvons accueillir est limité également. Ce nombre tend vers l'infini puisque une localité, c'est un point, et qu'il est possible d'augmenter pratiquement à l'infini le nombre de ces points. Beaucoup d'exportateurs ou importateurs ne se privent pas de le faire juste pour attirer l'attention sur leur poisson, qui est en réalité identique à celui qu'on à toujours pêché depuis le bloc rocheux qui est situé à 50 m de là (il y a des exceptions, j'y reviens). Et le fait que les populations soient isolés les unes des autres n'y change rien, les périodes de brassage peuvent être très éloignées dans le temps (en fonction des fluctuations des conditions écologiques) mais malgré tout empêcher une vraie dérive génétique significative.

En pratique, les programmes de conservation des grandes espèces animales, qui existent depuis longtemps, ne se permettent pas un tel purisme contre-productif. Prenons pour exemple la sauvegarde de l'ours des Pyrénées. Lorsqu'on en était à tenter de les sauvegarder, on n'aurait jamais pris le luxe de distinguer ceux du versant français de ceux du versant espagnol, même si leurs habitats fragmentaires étaient parfaitement isolés, et même en trouvant des différences entre eux: comme partout, et comme chez les humains, en cherchant bien, on trouve des différences et des tendances. Sont-elles significatives pour autant? Il n'y a jamais de réponse toute faite à cette question. Quoi qu'il en soit, pour nos ours, maintenant que les Pyrénéens "purs" ont disparu, on a importé des ours slovènes. C'est fâcheux, mais il s'agit du même ours, et il faut être pragmatique même si c'est un pis-aller.

En ce qui concerne nos cichlidés, il n'y a pas de réponse toute faite: parfois, des différences de localités sont minimes sur des centaines de km. D'autres fois, il arrive effectivement qu'à quelques dizaines de mètres près, la différence vaille vraiment le coup d'être prise en compte. Exemple: le Tropheus de Mpimbwe qui, d'un côté à l'autre d'un simple cap rocheux, passe d'une gorge jaune citron à une gorge orange chaud. Aucune autre différence n'est visible, mais il est compréhensible dans ce cas que nous ayons envie de faire le distinguo.

Pourtant, d'un point de vue naturel, il n'est pas forcément pertinent. Tu me parles de ce qui se passe dans la nature: eh bien, justement, la nature est loin d'être figée. En réalité, le simple fait de notre existence humaine et des bouleversements que nous induisons influe sur cette nature. Et un conservatoire influe en ce qu'il fige une situation qui est foncièrement dynamique. Nous sommes toujours puristes en ce qui concerne les hybrides interspécifique, parfois plus que la nature elle-même. C'est un fait indéniable: l'hybridation naturelle fait partie des processus d'évolution. Ce n'est pas pour autant que nous devons la cautionner chez nous, puisque nous voulons figer une situation pour la préserver de nos propres perturbations. Mais ainsi, on fige également l'évolution naturelle. Nous n'avons pas le choix.

Bref, j'espère qu'il est clair qu'il ne s'agit pas de m'en-foutisme, mais de pragmatisme (merci de ne pas me faire de procès d'intention sur ce point). Et ce pragmatisme se vérifie tous les jours: la réaction de Carl en est significative. Je ne porte pas de jugement sur le fait que la souche avec laquelle il veut mélanger ses poissons ne présente pas de différence significative, mais admettons qu'il ait raison de considérer qu'il n'y en a pas. Un purisme exacerbé conduirait Carl à attendre peut-être trop longtemps de pouvoir disposer à nouveau de mâles, et ses poissons seraient perdus. Il en est peut-être de même entre ces nasuta d'Ulwile et de Kipili. J'ai des doutes sur le fait que les différences soient significatives. Je n'affirme rien, je peux me tromper comme tout le monde, et je pense que plusieurs avis seraient nécessaires, mais à condition de ne pas avoir d'a-priori puriste. Il ne faut pas que ce soit uniquement par principe, sinon, encore une fois, d'un rocher à l'autre, il faudrait tout distinguer "par principe".

J'imagine encore qu'on dirait ou qu'on penserait: "peu importe que personne ne voie de différence, il faut être strict, et si les souches ne sont pas sûres, attendons d'autres importations qui, elles, seront sûres". Justement, en raisonnant comme ça, aucun conservatoire ne se justifie sur le long terme. Or, nous sommes bien obligés d'imaginer qu'un jour ou l'autre, la source naturelle pourrait se tarir. Ce jour-là, nous serons contents d'avoir des souches même quand des doutes persistent.

Exemple: le Julidochromis regani de Bujumbura, qui est introuvable, peut-être même en milieu naturel. Il semblerait qu'une personne en ait encore chez elle -je ne la cite pas, mais Benoît sait de qui je parle. Quand j'aperçois cette souche, je ne lui trouve pas exactement la forme des poissons que j'ai connus. Je suppose qu'ils n'ont pas été pêchés strictement au même endroit. Mais les différences que je vois restent dans la limite de variations individuelles. Récemment, j'en ai obtenu un vieux mâle de souche absolument inconnue, mais correspondant exactement aux canons du poisson que j'ai connu. J'ai depuis perdu ce mâle. J'ai pris connaissance de cette souche encore vivante juste après, et je n'aurais pas hésité à les mélanger, puisque nous n'en sommes pas à un point où nous pouvons nous permettre d'être puristes.

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Benoit J.
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Message par Benoit J. » 16 janv. 2010 10:46

Merci Patrick (et pas "Salut Patrick").

:adam:

:jap:
Kalago, Kabogo, Maswa, Lubengela, Helembe, Bulu point, Kalilani, Lyamembe, Sibwesa, Kekese, Ikola, Kabwe, Utinta, Slaf rocks, Mpimbwe, Kolongwe, Kipili, Mvuna, Nkondwe, Lupita, Ulwile, Mtosi, Namansi, Fulwe rocks, île de Mamalesa, Molwe, Samazi, Muzi, Kasanga, Kantalamba... :gold:

Je ne répond pas aux questions de maintenance en privé, le forum est là pour ça.

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Message par xp12w5 » 16 janv. 2010 12:42

bonjour

Merci Patrick pour tes explications.

pas d'inquiétude ,je ne m'emporte pas .... pas de soucis , bien au contraire , et c'est un débat qui mérite largement sa place.

Mais , je persiste dans mon optique :

même si dans certains cas, il n'y a pas de "réelles" différences( dont je ne suis pas sur par ailleurs) , le fait de "négliger" les localités pourraient être ,comme déjà dit la porte ouverte a des dérives ....
certains amateurs avisés,pourraient a la limite se le permettre, admettons( ce n'est pas mon opinion, ça vous le savez...) , mais combien d'autres amateurs feront des mélanges a leur sauce .....

Mais ,je me répète, quel est le but réel d'appeler par exemple,ici , Ophtalmotilapia Nasuta sans localité , ou kipiki et environ,lorsque nous l'avons bien la localité lors de l'acquisition ...?
De toute façon pour l'instant nous ne pouvons que faire confiance aux exportateurs et pécheurs....

je pense par exemple ,qu'en fonction de leur environnement ,donc de leur nourriture , les cellules pigmentaires doivent changer et donc influencer la couleur alors pourquoi ne pas en rester respectueux?
A ce propos, pour Aleph , je trouve les Kipili beaucoup plus lumineux,plus dorés que les Ulwile, qui pour moi sont plus ternes ,moins jaune tirant plus vers jaune/caramel . Par contre ,pas vu de différences niveau aspect général.

C'est pour cela que je pense qu'il faut être attentif aux localités; ce n'est que mon avis !Mieux vaut être précis lorsque l'on a la possibilité ....

encore merci

amicalement
marco

ptitseb
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Message par ptitseb » 16 janv. 2010 14:09

Intéressant ce débat mais il y a plusieurs niveaux.

Tant qu'on 'ne sait pas", j'aurais tendance à ne pas mélanger les localités (c'est d'ailleurs le point de départ nécessaire...pour un jour savoir).

Cela fait quand meme bcp de monde qui voient des différences entre les Ulwile et les Kipili, avec les mêmes remarques.

Mais ce qui m'embête le plus c'est en effet l'aspect que, du pêcheur au magasin", il y a toujours un petit doute qui ne peut garantir qu'un nasuta Kipili est un Kipili et qu'un nasuta ulwile est un ulwile...

En pratique, cela me parait être le "début" de la chaine: l'AFC pourrait au moins faire en sorte de communiquer et de transmettre ce besoins au niveau des pêcheurs et des exportateurs.

Seb

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Hulk
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Message par Hulk » 16 janv. 2010 16:06

Salut, Marc, et pas de problème, j'avais bien compris que ton intervention était amicale, mais il y avait un peu d'indignation sous-jacente quand même. Quoi qu'il en soit, merci à toi d'avoir lu et compris mes arguments. Rien de plus fatigant que de discuter avec des personnes qui répondent à côté de la plaque.

Si je résume ton intervention, tu comprends qu'on puisse assimiler des populations, mais malgré tout, ça ne te satisfait pas, question de sentiment personnel. Ton sentiment vaut un autre -le mien en particulier-, mais pour moi, tout est une question de mesure. Tu admets que sauf très rares exceptions (ex. les Mpimbwe), on ne peut pas faire de distinguo à 10 m près, ni à 20, 50 m... A partir de quand doit-on le faire? Indépendamment du sentiment de chacun, la réponse pratique viendra au cas par cas. Encore faut-il rappeler qu'en dessous de 50 géniteurs initiaux, le risque de dérive génétique est avéré, mais admettons qu'il n'existe pas ou qu'il est généralement négligeable. Mais fatalement, il n'y a pas d'étalon absolu, l'évaluation sera toujours au cas par cas. Donc, pour en revenir au cas de ces nasuta, la démarche qui consiste à dire "tant qu'on ne sait pas, on distingue" est compréhensible.

Personnellement, je me projette à très long terme, celui du jour où il faudra faire des choix. Et ce jour-là, ce choix devra être raisonnable, et notamment accepter au sein de populations artificielles une partie de la variabilité qui était celle des origines. Pour moi, cette variabilité devrait être rentrée dans le cadre taxinomique qu'on donne généralement à la sous-espèce. Beaucoup ricanent sur ce qui semble être une lubie abstraite de ma part, mais au contraire, il s'agit de quelque chose de bien concret, et c'est toujours pour des raisons de conservation des espèces et de transmission du savoir par la nomenclature que je m'accroche à des notions qui ne sont pas en odeur de sainteté, au gré des modes de pensée faussement révolutionnaires.

Nous n'en sommes pas là, le travail de détermination des sous-espèces est très mal fait par les taxinomistes professionnels des poissons pour des raisons à la fois idéologiques et pratiques. Pratiques déjà pour des raisons de moyens pécuniaires, et aussi parce qu'il est toujours plus valorisant de décrire une espèce qu'une sous-espèce, et notamment parce qu'au niveau des programmes de conservation mondiaux, les sous-espèces sont négligées et pas les espèces. De ce point de vue, je me situe déjà à un niveau d'exigence plus élevé qu'une norme pratique qui s'est installée de fait dans le monde, même si ce niveau d'exigence est apparemment moins élevé que le tien. L'autre raison, idéologique, est plus accessoire: elle tient à la nouvelle mode qui consiste à décrire des espèces "phylogénétiques" qui, pour moi, n'ont pas de signification. Je ne m'étends pas, il y aurait beaucoup à dire, ce sera pour une autre fois.

Un autre de tes arguments mérite d'être pris en considération: la crainte du laisser-aller ou de la malhonnêteté. Dans le cadre du conservatoire, il ne s'agit ni de l'un, ni de l'autre. Tant qu'un vrai étalonnage des "populations reconnaissables" (ce dont je considère qu'elles devraientêtre décrites comme sous-espèces) ne sera pas fait et universellement accepté, le degré de finesse d'une souche sera conservé, ce qui veut dire que certains auront des poissons avec une provenance vague; parfois fiable, mais vague. Ils seront catalogués dans une rubrique différente de ceux qui ont une provenance exacte.

Exemple: un poisson X avec deux populations difficiles à distinguer (nos nasuta); appelons les localités A et B.

Machin a des poissons X qui viennent d'une source sérieuse, mais il ne sait pas si ce sont des A ou des B. Ils seront catalogués X sans plus de précision. Pour Chose, qui aura des poissons X population A, ils seront catalogués séparément, catégorie X/A. Et truc, qui aura des poissons X population B, les verra catalogués X/B.

Cette façon de faire donnera toute souplesse d'appréciation par la suite: chacun aura le loisir d'acquérir des X/A, des X/B ou des X "tout court", pourvu qu'il reste honnête et rigoureux dans leur pédigrée. Tant que X/A et X/B sont suffisamment nombreux et disponibles, ils seront naturellement préférés (avec même un risque de sélection si l'un est toujours préféré à l'autre). Mais dans le cas contraire, on sera bien content de disposer un peu des uns, un peu des autres (le tout étant alors dans la catégorie X "tout court"), surtout si aucune différence réelle n'est identifiée (dans le cas de nos deux nasuta, je veux bien admettre qu'il y ait des différences, Ptiseb, mais je n'ai pas encore lu d'argument tangible et catégorique ici, juste des suppositions, lesquelles elles-mêmes ne sont pas significatives compte tenu de la variabilité au sein d'une même population, mais admettons que ces suppositions valent la peine d'être prises en compte tant que l'on n'en sait pas plus).

En réalité, je ne fais que dépeindre ce qui se passe déjà, et qui est indépendant de l'honnêteté ou de la malhonnêteté des gens, qui, elle, ne changera pas. Et je pense même qu'en évitant d'être trop dogmatique et trop à cheval sur les principes sans raison tangible, on réduira au contraire les comportements malhonnêtes. Dans ce cas, le gars qui a prétendu que ses Cyprichromis venaient d'Ulwile (pour reprendre l'exemple de Patapon) se serait sans doute contenté de les estampiller Cyprichromis leptosoma "secteur de Kipili" ou "sud Tanzanie".

Voilà donc pour résumer un raisonnement que je considère pragmatique: il s'agit de traiter avec rigueur des éléments comportant une dose d'incertitude, et donc d'intégrer cette incertitude, plutôt que de chercher à établir (vainement) des certitudes sur des choses qui en sont intrinsèquement dépourvues et avec des moyens d'action fatalement limités.

Autre argument que tu avances:

"je pense par exemple ,qu'en fonction de leur environnement ,donc de leur nourriture , les cellules pigmentaires doivent changer et donc influencer la couleur alors pourquoi ne pas en rester respectueux?"

Là, l'erreur de raisonnement est manifeste: les différences que tu mentionnes n'étant pas génétiques, elles seront visibles selon les conditions de maintenance -rarement proches du milieu naturel, sauf en bassin l'été. Les mêmes poissons auront des couleurs tout à fait différentes selon des facteurs comme la nourriture, la luminosité, la disponibilité en cachettes et la couleur du substrat. Ici, le mélange de localités n'entre pas en ligne de compte, et en une même localité, ces conditions changeront en fonction des bouleversements naturels ou artificiels (humains). C'est donc uniquement sur les différences génétiques (qui, elles, sont transmissibles), qu'il faut se focaliser.

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Message par ptitseb » 16 janv. 2010 21:38

Hulk a écrit : Rien de plus fatigant que de discuter avec des personnes qui répondent à côté de la plaque.
.
:dot:

Bon je m'excuse alors, mais bon c'est mon post à l'origine, na.

Seb :D

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Message par Aleph0 » 16 janv. 2010 22:45

J'espère ne pas commettre une question stupide Hulk en te demandant comment à notre échelle pouvoir être sûr de posséder du X/A ou du X/B alors même que nous n'aurions pas pêché nous-même le dit échantillon de population.

Tu parles de souches sérieuse et c'est là qu'apparaît justement le manque de sérieux.

Est-ce bien sérieux ???

Vincent
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Message par Hulk » 16 janv. 2010 23:11

Merci de ne pas prendre la mouche, ce n'était adressé à personne, et sûrement pas à toi, Ptiseb. Je disais ça pour des fois où je me suis fait agresser bille en tête (sur de tout autres sujets) par des personnes qui me faisaient dire des choses que je n'ai pas dites. Je suppose que j'ai été maladroit, mais de là à réagir comme ça, c'est peut-être excessif. Merci aussi de tenir compte du fait que j'ai dû passer pas mal de temps à écrire tout ça, et que ce n'est pas toujours évident de peser parfaitement ce qu'on dit à cause précisément des risques de malentendu.

Et en effet, on a un peu dérivé par rapport à ta question initiale, mais je ne suis pas l'initiateur de cette dérive, et comme le sujet de la conservation des espèces tient à coeur pas mal d'entre nous, une discussion s'est ouverte, et il me semblait qu'elle était constructive, non?

Aleph, je ne comprends pas ton objection. Je trouve plutôt qu'elle abonde dans mon sens!?

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Message par Ancelin » 17 janv. 2010 10:26

Merci Patrick,
d'avoir donné ton point de vue cela devient difficile sur tout que certain importateurs voir magasins cherche à trouver de nouvelles appellations afin de vendre des variétés qui sont moins demandées au tant que "rare voir nouvelle".
Sébastien

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Message par ptitseb » 17 janv. 2010 11:17

Non non pas de soucis, je ne l'avais pas vraiment mal pris, c'était au cas où...

Oui en effet c'est trop rare qu'une discussion sur un forum aille dans ce détail donc surtout: merci.

Je suis plutot content que cela soulève débat; les dérives en ce sens ne me dérange pas du tout.

Mais j'avoue que je me sens niveau zéro, et c'est très frustrant !

Seb

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Message par xp12w5 » 17 janv. 2010 11:57

Bonjour Patrick,

je suis très attentif a toutes tes remarques plus qu'intéressantes !

concernant les différences possibles de coloration dues a la nourriture , en effet tu as raison, rien de génétique la dedans , mais il serait dommage de perdre cette particularité lorsque l'on maintient un poisson sensible a cela!
par exemple , lors de la maintenance de maylandia estherae , et cela même avec les jeunes F1 , je tiens compte de la nourriture , et les femelles sont d'un orange intense .... je trouverais dommage de perdre cette coloration ,comme on le voit souvent ,passant a l'orange pale .....

je le conçois, ce n'est pas ici le problème ....

en tout cas encore merci pour tes explications .... mais encore une fois,de mon cote je pense qu'il faut respecter les localités ....

amicalement et bon dimanche

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Dernière édition par xp12w5 le 17 janv. 2010 14:52, édité 1 fois.

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Message par Hulk » 17 janv. 2010 14:50

ptitseb a écrit :Non non pas de soucis, je ne l'avais pas vraiment mal pris, c'était au cas où...
Bon, je préfère ça, un malentendu est vite arrivé. ;-) Mais par sécurité, je préfère préciser que je n'en veux pas à ceux qui ne lisent pas tout ce que j'écris. C'est long, et chacun est libre (d'ailleurs, je n'ai pas forcément le temps de tout lire moi non plus). Ce que je redoute, ce les reproches et les invectives de ceux qui n'ont lu qu'à moitié et qui ne comprennent que ce qu'ils ont envie de comprendre.

Il n'y a pas non plus à avoir de honte d'être de faible niveau. Ici, je suis sur des sujets que je maîtrise, mais ailleurs, parce que j'ai d'autres centres d'intérêt, c'est moi qui vais me faire tout petit parce que relativement ignorant. Ce qui ne m'empêche pas que si quelqu'un me prend de haut, tout calé qu'il soit, je n'apprécie pas, et c'est normal.

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Message par Hulk » 17 janv. 2010 14:52

xp12w5 a écrit : en tout cas encore merci pour tes explications .... mais encore une fois,de mon cote je pense qu'il faut respecter les localites ....

amicalement et bon dimanche

marco
Merci à toi pour la discussion, elle me permet de donner mon point de vue. Rassure-toi, il n'est pas (ou pas encore) dans mon optique de "faire du ménage" dans les localités, je ne me le permettrais pas seul et de but en blanc. Mon but est déjà de lever des tabous à ce sujet, et d'attirer l'attention sur le fait qu'il n'est pas toujours possible d'être perfectionniste et qu'il faut être réaliste.

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Message par Aleph0 » 18 janv. 2010 17:49

Hulk a écrit :
Aleph, je ne comprends pas ton objection. Je trouve plutôt qu'elle abonde dans mon sens!?
Oui oui... J'aimerais juste savoir qu'elle idée tu défends derrière le terme de "souche sérieuse". A mon avis, il n'y en a pas!

Excepté les poissons que tu irais pêcher toi-même...

J'ai en grande estime un fournisseur de poissons, quelqu'un de tatillon, voire même obstiné, mais lui-même ne peut m'assurer à 100% que le pêcheur n'a pas, au dernier moment, décidé, au profit d'un déplacement prévu, de pêcher tel poisson à tel endroit plutôt qu'à celui initialement prévu.

C'est là que je coince...

Vincent
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Message par Hulk » 18 janv. 2010 22:59

Aleph0 a écrit : J'aimerais juste savoir qu'elle idée tu défends derrière le terme de "souche sérieuse". A mon avis, il n'y en a pas!

Excepté les poissons que tu irais pêcher toi-même...
C'est sûr qu'il y a une incertitude, cela dit, les sciences naturelles ne sont déjà pas des sciences exactes, et ça fait une incertitude de plus. Ce qui est sérieux, c'est d'en tenir compte et de ne pas en rajouter en déformant l'information, qu'il faut rapporter rigoureusement.

Quant aux poissons pêchés par un aquariophile, il est prévu de relever ce détail, et même d'aller jusqu'au point GPS de collecte. Cela dit, il restera quand même une incertitude sur le sérieux de celui qui l'a relevé (et qui peut s'emmêler dans ses notes).

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