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Posté : 29 juil. 2009 08:06
par Benoit J.
BULU POINT a écrit : Des Altolamprologus calvus, par exemple, sauvages ont une taille maximale. Leurs jeunes en aquariums mettront des années pour atteindre (peut-être jamais) cette taille maximale.
Salut, à propos des Altolamprologus, nous savons qu'ils atteignent la maturité vers 3-5 ans, qu'ils atteignent leur taille maximale vers 8-10 ans... As-tu déjà vu des Altolamprologus F1 (ou +) de cet âge en aquarium ???
Mis à part de rares espèces, tous les poissons sont plus grands en aquarium que dans le milieu naturel (dans des conditions de maintenance adéquates).
Si je t'entend bien, il faut que la nature aille vite à te fournir des poissons de taille maximale, pourquoi ne pas être patient et garder tes poissons durant de très longues années, les voir grandir, vieillir, et mourir d'une belle mort ??? :gold:

:jap:

Posté : 29 juil. 2009 10:03
par gbarnga
d'ailleurs, moi j'voudrais quelques Boulengerochromis microlepis sauvages, adultes et, bien sur, ayant déà pondus, pour mon 200 l. :silly: :silly:

Posté : 29 juil. 2009 11:11
par samaki
RE
A force de toujours chercher du sauvage, ne pensez vous pas qu'il puisse y avoir un impact négatif sur la préservation des espèces à long terme dans le milieu naturel?????
Que fait on quant dans un microhabitat, une espèce endémique se trouve en nombre limité et que la demande est forte??? cela ne fragilisera t'il pas la survie ou la pérénnité de cette espèce????
Sur certains des grands lacs, nous savons que des milieux sont fragilisés par l'action de l'homme, sur un milieu fragilisé croyez vous siincérement qu'il n'y a aucun impact????

Je n'ai pas eu de réponses sur ces questions, éluder c'est bien mais répondre précisément c'est mieux. je ne comprends pas l'attitude qui consiste à dire, ce que je fais ne représente pas grand chose par rapport à ce que font les autres, là vraiment, je ne comprends pas.
Croyez vous que les prélévements ne concerne que le public français ou alors c'est à l'échelle mondiale??? dans ce cas, les prélévements aquariophiles ne représentent pas quantité nulle mais ont bien un impact sur la faune sauvage.
ce que certains me diront mais non ce n'est rien, continuons à nous couvrir les yeux. Aucune de nos actions n'est sans impact direct ou indirect sur le milieu même la plus minime a un effet. reste à savoir les conséquences.
xris :??:

Posté : 29 juil. 2009 11:31
par Benoit J.
samaki a écrit : Je n'ai pas eu de réponses sur ces questions, éluder c'est bien mais répondre précisément c'est mieux. je ne comprends pas l'attitude qui consiste à dire, ce que je fais ne représente pas grand chose par rapport à ce que font les autres, là vraiment, je ne comprends pas.
Croyez vous que les prélèvements ne concerne que le public français ou alors c'est à l'échelle mondiale??? dans ce cas, les prélèvements aquariophiles ne représentent pas quantité nulle mais ont bien un impact sur la faune sauvage.
Éluder non, mais a priori il n'y a pas ou peu d'études faites sur cet impact.
Pour le lac Tanganyika ce que nous savons, c'est que quelques variétés ont souffert d'un trop grand prélèvement; ex. T. ilangi (vit sur une bande de 200 m de côtes), O. boops de Nkondwe.
La destruction de l'habitat a fait disparaître le J. regani du Burundi (quelle localité ?).
D'après quelques échos, la diminution des prélèvement sur le O. boops et sur le T. duboisi maswa permettent une remontée des cheptels.
Sur certaine zones sableuses, les Xenotilapia type flavipinnis ont disparus (pêche de consommation) avec d'autres espèces pour cause de pêche à la senne à mailles trop fines (type tulle -moustiquaires-), mais ils semble qu'ils ont "émigrés" dans la zone légèrement plus profonde et inaccessible à pied(?).

Voilà pour le Tanganyika, désolé je ne suis pas au fait pour les autres lacs.

:jap:

Posté : 29 juil. 2009 11:41
par Lionel.Adam
après il n'y a pas que les cichlidés....

Celestichthys margaritatus
tout juste découvert, déjà menacé
un grand magazine britannique (http://en.wikipedia.org/wiki/Celestichthys_margaritatus) demande à ce que ce poipoi ne soit vendu qu'à des fins de repro...


c'est aussi le cas de certains loricaridé...il me semble que les populations d'hypancistrus zebra ne soient pas aux meilleur de leur forme....

Posté : 29 juil. 2009 12:21
par westafrica
Les exemples de populations sauvages (voire d'espèces) affaiblies voire anéanties par le prélèvement aquariophile commencent à être nombreux quand même! Je ne comprends pas qu'on puisse encore dire en généralisant que les prélèvements destinés au marché aquariophile n'impactent pas significativement les populations sauvages!

Pour certaines espèces comme Celestichthys/microrasbora margaritatus c'est même le seul facteur et ça a été tellement vite que ça a failli se solder par leur disparition! Idem pour certains L . Et je suis curieux de voir la gueule des pops de crevettes sulawesiennes dans quelques années. Il ne faut pas compter sur le circuit commercial (de bout en bout de la chaîne) pour adapter les prélèvements aux capacités de résilience des espèces.

Le marché aquario n'est pas tiré par les innovations technologiques comme beaucoup d'autres, la dose de renouveau indispensable à la croissance de ce marché n'est nourrie que par l'alimentation régulière en espèce "nouvelles" ou "rares" (d'ailleurs ironiquement la sélection incessante de nouvelles formes d'élevage est plutôt bénéfique dans la mesure où elle "tamponne" les prélèvements en milieu naturel en replissant cette fonction de pourvoyeuse de nouveautés) et ce à l'échelle mondiale! Il ne faut pas perdre de vue que quand une espèce devient à la mode c'est le monde entier qui en demande, pas seulement l'Europe et encore moins la France! Si l'on ajoute à cela le fait que les espèces nouvelles viennent souvent de lieux enclavés, ce qui se solde par de nombreuses morts pendant le transport, les quantités prélevées sont nécéssairement énormes! Pour les espèces endémiques d'une crique, d'un lac ou d'une section de rivière / fleuve, c'est clairement une pression excessive à court terme!

C'est d'autant plus débile que la demande de sauvages est nourrie avant tout par de mauvaises raisons :
- snobisme : "c'est trop bien d'avoir du sauvage, c'est pas comme ces merdouilles de F2, beaucoup moins nobles"! En plus le comportement des sauvages est tellement plus naturel (peu importe qu'ils soient enfermés dans un aquarium, ça reste des sauvages)! Snobisme + a priori sur les sujets d'élevage en général => culte du sauvage...

- court-termisme : pour la plupart des espèces, la reproduction de sauvages à l'échelle "industrielle" (suffisante pour l'export) est maîtrisée et la patience nécessaire à la mise à disposition de cette nouvele espèce sur le marché serait au pire d'un an. Malheureusement cela implique un investissement que beaucoup d'exportateurs ne sont pas prêts à faire, sans compter que cela conduirait à une réduction du nombre de sujets sauvages disponibles pour les wildophiles du monde entier. Côté aquariophiles, ce court-termisme est double : envie d'avoir la nouvelle espèce dans ses bacs dès que possible ; vision à court terme de la maintenance. Sur ce deuxième point, beaucoup d'aquariophiles ne se demandent pas lorsqu'ils acquièrent une espèce rare s'ils se voient la garder plusieurs années et si leur but est de la diffuser et donc de leur fournir des conditions adéquates à leur repro. Résultat objectif : du beau matériel génétique gâché par le fait que certains individus sauvages n'ont jamais la chance de se reproduire ou que leur progéniture n'atteigne jamais l'âge adulte!

- dernière raison, "un peu moins mauvaise" car en partie justifiée : au moins avec du sauvage on sait qu'on ne part pas sur des poissons consanguins sur 3 générations ou plus. Là c'est un problème de suivi, de pratiques aquariophiles et de confiance, bref de mentalité voire de culture. Quelqu'un qui veut diffuser une espèce pas commune pour qu'elle fasse souche se tournera souvent vers des individus sauvages pour être certain de partir de matériel "propre", et dans un contexte de manque de confiance / de visibilité ça se comprend. Comme déjà dit plus haut bien mieux que je n'aurais su le dire, d'une part les F1 ont une diversité génétique comparable à celle des sauvages, et d'autre part il est possible de conserver cette grande diversité génétique sur plusieurs générations au prix d'un SYSTEME de suivi fiable et pratique mais surtout d'une évolution des PRATIQUES aquariophiles en termes de suivi. Pour le moment, je n'ai pas pu voir beaucoup de monde aux bourses ou au congrès échanger des individus de la même espèce ou mettre en commun leurs souches pour proposer des paires non consanguines. Moi le premier, je ne donne pas de leçons, et de plus pour les espèces de banc il est pratiquement très difficile de croiser les souces à coup sûr, mais bon c'est quand même révélateur!

C'est la partie système que l'AFC propose de mettre en place, et c'est un socle nécessaire à la conservation de souches d'élevage de qualité. Mais sans une évolution des pratiques qui permette une bonne traçabilité des souches d'élevage, le système ne sera qu'une coquille vide, ou au mieux ne servira qu'à quelques uns. Tout le monde ne voit pas l'aquario autrement que comme un hobby, mais je pense que ceux qui sont amenés à creuser un peu et à s'intéresser à l'aspect écologique / écosystématique relatif à leurs bestioles tendent naturellement à orienter leur maintenance vers une logique de conservation, pas forcément radicalement mais avec a minima un souci d'efficacité, de contribuer réellement à la préservation de l'objet de notre passion. Sur ce point j'espère avoir raison. L'avenir nous le dira!

Posté : 29 juil. 2009 12:25
par Patapon
Belle analyse !

Posté : 29 juil. 2009 12:32
par BULU POINT
Quelques précisions sur mes propos ; je n'ai pas pris le temps de suffisamment nuancer et je m'en excuse. La conservation qui continue est en tout cas passionnante.
Sur la croissance : Il est vrai que plusieurs espèces (Malawi, par exemple) atteignent des tailles supérieures en aquarium (Que leur donne-t-on à manger pour cela ? Une alimentation hyperprotéinée, probablement, et en trop grande quantité, par impatience de les voir exhiber de superbes couleurs en grande dimension ?
Ad KONINGS le confirme (Stuart GRANT le disait aussi) à chaque rencontre : il ne reconnait pas toujours, au niveau forme et taille, les poissons qu'ils a observé in situ.
Les derniers centimètres à atteindre pour un A. CALVUS d'élevage, pour rejoindre la taille d'un spécimen sauvage prennent un temps infini du fait que les sauvages sont capturés alors qu'ils ont un âge canonique OU/ET que nous ne savons pas leur donner la nourriture précise qu'ils réclament (Je doute pour ce dernier point). C'est une bonne question qui est posée là. Je n'ai pas de réponse précise mais ça m'intéresse.
Les très nombreux spécimens sauvages de CALVUS que je viens encore d'admirer chez Aquabeek (NL) sont incomparables en taille par rapport aux spécimens d'élevage, mêmes âgés. Ce sont des poissons pas forcément faciles à capturer, coûteux, plutôt rares et à mon sens, peu menacés. La prudence reste tout de même de mise.
Le cas des tropheus MASWA vous donne raison. Habitat restreint et donc, danger.
De part mes expériences, des NL ornatipinnis F1 ou F2 ou F3 (ça continue, ne montrent pas de différences de taille notoire, ni d'atténuation des couleurs (forcément, chez ce genre de poissons...), ni de comportement ; le grand nombre de cellules reproductrices mâles et femelles différentes à chaque reproduction explique qu'il n'y pas obsession à avoir pour (re)mélanger "les sangs". Au contraire, selon moi, comme on ignore dans certains cas si on va recroiser exactement avec la même espèce, on peut parfois prendre un risque et porter atteinte à l'intégrité génétique de l'espèce (c'est le cas de quelques poissons de Madagascar - ce qu'affirme Paul Loiselle qui déconseille leur réintroduction dans le milieu où ils ont disparu).
D'autre part, pourquoi cet acharnement à vouloir connaître le lieu de capture d'un poisson (exemple : Julidochromis regani, disons, Bujumbura km 112) si c'est pour le "recroiser" par la suite avec un Julidochromis, capturé à 200 km de là et sensé être de la stricte même espèce et variété ?
Sur la beauté des sauvages : ils ne sont parfois pas plus beaux et sont mêmes parfois plus sombres (moins adaptés aux aquariums qu'à la nature et plus stressés ?) que des F1 ou FX. Parfois, c'est le contraire, ils sont incomparables. Je ne sais pas tirer de conclusions.
Enfin, sur les parasites : j'ai un mélange de sauvages et d'élevage dans mes bacs depuis des années et il ne me semble pas avoir eu de gros soucis par rapport à cela.
Une chose que nous avons oubliée, c'est peut-être la part de rêve ; de savoir par exemple que T. Veal a capturé notre poisson directement dans son habitat donne une plus-value virtuelle au poisson que nous admirons dans nos bacs. "Il vient directement de là-bas".
Enfin, sur la menace d'extinction de certaines espèces, du fait de quelques passionnés de cichlidés ou autres, prenez le cas de Madagascar par exemple, certaines espèces sont disparues à jamais de leur milieu restreint mais ce n'est pas à cause des aquariophiles.
Ne surestimons pas l'impact que nous pouvons avoir sur le milieu, ni dans un sens positif, ni dans un sens négatif sauf dans des cas avérés scientifiquement. Dans ce dernier cas, notre responsabilité est engagée. Pour les poissons de feu Mr Grant, je pense aussi aux ressources que cette entreprise tire toujours de l'exportation de poissons vers le reste du monde et du travail qu'elle procure à de nombreuses personnes.

Posté : 29 juil. 2009 13:39
par Philippe.HOTTON
Tout d'abord, je pense que le fil de la discussion a complètement dévié par rapport au titre et c'est très bien. Ce serait même encore mieux de changer le titre. :)

Pour ce qui est du Malawi que je connais un peu :

- du temps où Stuart Grant était seul exportateur, il gérait un peu les zones de pêche en bon père famille : une pêche toutes les six semaines à Taiwan Reef, une fois toutes les six semaines à Maigano . . .
Je me souviens qu'au retour de notre expédition en 98 au Mozambique, je lui avais montré un joli Pseudotropheus qui vivait dans une baie un peu au nord de Chiloelo. Il connaissait ce poisson mais m'a dit qu'il n'y en avait pas beaucoup et donc qu'il ne voulait pas exploiter cette zone. Idem pour quelques lieux de pêche.

- Maintenant, il y a au moins trois exportateurs: Stuart Grant LTD, Janicki opérerait aussi au Malawi (com. pers. de Afrika Cichliden qui importait les poissons de Janicki. Sunate qui était responsable de la fish house de Stuart jusqu'en 2000 puis responsable de la Fish House de Victor jusqu'à ce que ce dernier arrête ses activités, travaille maintenant pour Janicki) et Helmut Lothar, patron de Cichlidenstadl, m'a dit récemment qu'il avait une équipe de pêche à Chilumba (il opère principalement en Tanzanie). Tous ces exportateurs opèrent de manière tout à fait indépendante sur les mêmes sites de pêche. Donc si les pêcheurs de Grant prennent 200 Ps. saulosi le 1er du mois à Taiwan Reef, que ceux de Janicki prennent la même quantité deux semaines plus tard et ceux de Cichlidenstadl la même chose deux semaines plus tard et ainsi de suite pendant quelques mois, la population de saulosi qui est endémique de ce rocher aura bien peu de chances de se renouveler et finira par péricliter. Idem pour Maigano.

- En 2005, j'ai plongé à Taiwan Reef et il y avait beaucoup moins de saulosi qu'en 96 ou 98. Ad m'a dit ce printemps que les bancs de A. kandensis à Kande Is étaient beaucoup plus clairsemés que dans le passé (mais la pêche alimentaire peut avoir aussi son impact sur cette population).

- Quand Ps. maisoni a été découvert, il a été tellement exploité qu'il a failli disparaître et sa pêche a été complètement arrêtée pendant plusieurs années (c'était du temps de Afrikan Diving). Helmut Lothar m'a dit que la population semble s'être reconstituée .

Conclusions :
Je pense qu'il devrait y avoir un modus-vivendi entre les différents exportateurs: pêcher moins souvent dans les endroits limités, se concerter (c'était d'ailleurs une idée dont m'avait parlé Stuart lors de mon dernier voyage de son vivant).
Après, si le prix des poissons augmente, tant pis. Ceux qui en veulent (que ce soit par snobisme ou pour en diffuser les reproductions) les payeront un peu plus cher :P2

Posté : 29 juil. 2009 13:47
par BULU POINT
Quand je te lis, Philippe, c'est comme si j'avais la chance d'y être.
A te lire, Aulonocara maylandi est aussi capturé pour nourrir les populations locales ?
Pourrais-tu citer les poissons qui se retrouvent dans nos bacs et que tu as vu servir le plus souvent dans l'alimentation ?
Merci pour tes précisions nuancées.

Posté : 29 juil. 2009 13:49
par J-S
Bien vu Westafrica!

Mais personne dans le hobby n'est prêt à gérer ses souches!

C'est aussi comme ça que j'ai fini avec pas mal de sauvage. Beaucoup d'espèces, même rare, sont dispo en sauvage, très peu de spécimen d'elevage sont diffusés ensuite!
Et quand bien même on essaye de le faire, c'est pour les garder sur les bras.

Finalement c'est le serpent qui se mord la queue.
Tu souhaites une espèce, elle est dispo en sauvage, et paradoxalement tu sais qu'elle sera quasi introuvable en F1. Alors soit tu fais une croix dessus, soit tu prends une paire ou deux de sauvages.

Je parle même pas du maintien à long terme, inexistant. Tant qu'il aura un circuit commercial, il n'y aura pas de gestion de fond!

Les souches ramenés par les aventuriers de l'AFC, se maintiennent mieux mais cela reste fragile, très fragile.

Mais après tout, est que la démarche "poissons dans un aquarium" peut elles aboutir à une gestion sérieuse des populations sauvages...je n'en suis pas sur; il suffit de voir le nombre de réintroduction réussie...

Posté : 29 juil. 2009 13:58
par Benoit J.
J-S a écrit : Mais personne dans le hobby n'est prêt à gérer ses souches !
Faux, et révélateur d'un manque de contacts cichlidophiles ...

:gold:

Posté : 29 juil. 2009 14:01
par gbarnga
BULU POINT a écrit :Quelques précisions sur mes propos ; je n'ai pas pris le temps de suffisamment nuancer et je m'en excuse. La conservation qui continue est en tout cas passionnante.
Sur la croissance : Il est vrai que plusieurs espèces (Malawi, par exemple) atteignent des tailles supérieures en aquarium (Que leur donne-t-on à manger pour cela ? Une alimentation hyperprotéinée, probablement, et en trop grande quantité, par impatience de les voir exhiber de superbes couleurs en grande dimension ?
Ad KONINGS le confirme (Stuart GRANT le disait aussi) à chaque rencontre : il ne reconnait pas toujours, au niveau forme et taille, les poissons qu'ils a observé in situ.Les derniers centimètres à atteindre pour un A. CALVUS d'élevage, pour rejoindre la taille d'un spécimen sauvage prennent un temps infini du fait que les sauvages sont capturés alors qu'ils ont un âge canonique OU/ET que nous ne savons pas leur donner la nourriture précise qu'ils réclament (Je doute pour ce dernier point). C'est une bonne question qui est posée là. Je n'ai pas de réponse précise mais ça m'intéresse.
Les poissons ont une croissance continue, qui, si elle est rapide les premiers temps, arrive à un plateau. (courbe style log); MAIS ils n'arrêtent pas de grandir.
BULU POINT a écrit : Les très nombreux spécimens sauvages de CALVUS que je viens encore d'admirer chez Aquabeek (NL) sont incomparables en taille par rapport aux spécimens d'élevage, mêmes âgés. Ce sont des poissons pas forcément faciles à capturer, coûteux, plutôt rares et à mon sens, peu menacés. La prudence reste tout de même de mise.
Loin d'être si facile à capturer. Si c'est rare, c'est plutôt menacé que l'inverse. Cela veut dire que leurs effectifs sont réduits et, vu leur croissance lente, le temps d'arriver à maturation, plus long et donc une fragilité des stocks. Et combien sont morts pour que tu es un couple chez toi????
BULU POINT a écrit : Le cas des tropheus MASWA vous donne raison. Habitat restreint et donc, danger.
De part mes expériences, des NL ornatipinnis F1 ou F2 ou F3 (ça continue, ne montrent pas de différences de taille notoire, ni d'atténuation des couleurs (forcément, chez ce genre de poissons...), ni de comportement ; le grand nombre de cellules reproductrices mâles et femelles différentes à chaque reproduction explique qu'il n'y pas obsession à avoir pour (re)mélanger "les sangs". Au contraire, selon moi, comme on ignore dans certains cas si on va recroiser exactement avec la même espèce, on peut parfois prendre un risque et porter atteinte à l'intégrité génétique de l'espèce (c'est le cas de quelques poissons de Madagascar - ce qu'affirme Paul Loiselle qui déconseille leur réintroduction dans le milieu où ils ont disparu).
Ben c'est la même chose avec du auvage. Es-tu sur que les poissons de différents arrivages ont été capturés au même endroit malgré un nom identique?
BULU POINT a écrit : D'autre part, pourquoi cet acharnement à vouloir connaître le lieu de capture d'un poisson (exemple : Julidochromis regani, disons, Bujumbura km 112) si c'est pour le "recroiser" par la suite avec un Julidochromis, capturé à 200 km de là et sensé être de la stricte même espèce et variété ?
Sur la beauté des sauvages : ils ne sont parfois pas plus beaux et sont mêmes parfois plus sombres (moins adaptés aux aquariums qu'à la nature et plus stressés ?) que des F1 ou FX. Parfois, c'est le contraire, ils sont incomparables. Je ne sais pas tirer de conclusions.
Pour le lieu de capture, tout simplement car quelques populations et morphotypes ont des habitats extrêmement restreints mais avec une population proche qui lui ressemble sans être identique.
BULU POINT a écrit : Enfin, sur les parasites : j'ai un mélange de sauvages et d'élevage dans mes bacs depuis des années et il ne me semble pas avoir eu de gros soucis par rapport à cela.
C'est dans le sens où les sauvages sont toujours parasités donc plus fragiles.
BULU POINT a écrit : Une chose que nous avons oubliée, c'est peut-être la part de rêve ; de savoir par exemple que T. Veal a capturé notre poisson directement dans son habitat donne une plus-value virtuelle au poisson que nous admirons dans nos bacs. "Il vient directement de là-bas".
On peut aller sur le terrain sans ramener pour autant des spécimens. Le rêve est là aussi et surtout. Demande à Benoit
BULU POINT a écrit : Enfin, sur la menace d'extinction de certaines espèces, du fait de quelques passionnés de cichlidés ou autres, prenez le cas de Madagascar par exemple, certaines espèces sont disparues à jamais de leur milieu restreint mais ce n'est pas à cause des aquariophiles.
Ne surestimons pas l'impact que nous pouvons avoir sur le milieu, ni dans un sens positif, ni dans un sens négatif sauf dans des cas avérés scientifiquement. Dans ce dernier cas, notre responsabilité est engagée. Pour les poissons de feu Mr Grant, je pense aussi aux ressources que cette entreprise tire toujours de l'exportation de poissons vers le reste du monde et du travail qu'elle procure à de nombreuses personnes.

Stop. Dire que l'aquariophilie a un impact ne veut pas dire que c'est la cause majeure. Mais c'est une cause aussi. Alors, dire, "les autres font plus donc continuons, nous c'est très petit" c'est fatigant et c'est juste essayer de se dédouaner devant sa propre responsabilité pour assouvir son petit plaisir.
maintenant que cela fasse vivre les gens, certes mais combien comparativement aux chiffres de US$ brassés? Combien l'exploitation Grant faisait-il vraiment vivre de gens par rapport aux nombres d'habitants dans l'endroit où il prélève les poissons?

Posté : 29 juil. 2009 14:08
par gbarnga
Autre petite remarque:
Selon la convention de Rio signée par la quasi-totalité des pays africains, chacun en a la responsabilité. Mais il est clair que dans les pays du sud, les moyens manquent cruellement et les populations ont à faire face à un autre challenge, celui de vivre, pour ne pas dire survivre…
Donc quelque part, cette biodiversité dans nos bacs, est d'abord leur biodiversité et leur richesse…
A méditer, même si cela fait grincer des dents…
:read:

Posté : 29 juil. 2009 14:33
par J-S
Benoit a écrit :
J-S a écrit : Mais personne dans le hobby n'est prêt à gérer ses souches !
Faux, et révélateur d'un manque de contacts cichlidophiles ...

:gold:
Pardon, ce n'est pas une affirmation mais seulement ma pensée.

Je reformule : Je pense que, malgré les initiatives en cours ou à venir, personne dans le hobby n'est prêt à gérer ses souches !

Maintenant, je suis sur que tu vas me trouver une portion (5?) de cichlidophiles (voir même aquariophiles) qu'ils l'ont tjs fait, le font et le feront tjs.
Mais ce n'est, malheureusement, pas la norme (à mon avis, bien entendu).

A toi! :lol:

Posté : 29 juil. 2009 14:49
par westafrica
En tout cas c'est possible (voir Haplo ou l'AFV par exemple...). Ce n'est qu'un aglomérat de mauvaises habitudes à faire changer, ça ne sera pas facile mais d'autres ont su le faire, le cichlidophile lambda serait-il plus borné ou bovin que l'aquariophile lambda (don't answer that :D ). Je nuancerais ton affirmation en "pas grand monde n'est prêt à sauvegarder ses souches POUR LE MOMENT" :)

"Caressez un cercle, il deviendra vicieux!" (Ionesco) :lol:=> certes J-S, d'accord sur l'aspect cercle vicieux auto entretenu qui fait que chacun ou presque est amené à prendre du sauvage à un moment s'il veut telle ou telle espèce faute de dispo de FX. Mais là aussi tout est affaire de mentalité et de responsabilité. Un cercle vicieux peut être interrompu à plusieurs endroits.

Ok avec Yves sur le point suivant :
Stop. Dire que l'aquariophilie a un impact ne veut pas dire que c'est la cause majeure. Mais c'est une cause aussi. Alors, dire, "les autres font plus donc continuons, nous c'est très petit" c'est fatigant et c'est juste essayer de se dédouaner devant sa propre responsabilité pour assouvir son petit plaisir.
maintenant que cela fasse vivre les gens, certes mais combien comparativement aux chiffres de US$ brassés? Combien l'exploitation Grant faisait-il vraiment vivre de gens par rapport aux nombres d'habitants dans l'endroit où il prélève les poissons?
.
Les menaces hors aquario ne sont pas une excuse, c'est au contraire un facteur d'urgence qui va dans le sens d'une évolution rapide de nos actions.

En tout cas une chose est sûre : si on part battus ça foirera...

Posté : 29 juil. 2009 15:12
par gbarnga
westafrica a écrit :En tout cas une chose est sûre : si on part battus ça foirera...
+1
pourquoi forcément être négatif?

Posté : 29 juil. 2009 17:00
par BULU POINT
"Combien l'exploitation Grant faisait-il vraiment vivre de gens par rapport aux nombres d'habitants dans l'endroit où il prélève les poissons?"
Réponse : Nettement plus que s'il n'avait pas entrepris ou s'il n'était pas venu au monde.
:roll:

Posté : 29 juil. 2009 17:32
par gbarnga
BULU POINT a écrit :"Combien l'exploitation Grant faisait-il vraiment vivre de gens par rapport aux nombres d'habitants dans l'endroit où il prélève les poissons?"
Réponse : Nettement plus que s'il n'avait pas entrepris ou s'il n'était pas venu au monde.
:roll:
Un autre aurait fait de même. :D
J'appelle cela de la mauvaise foi :D

Posté : 30 juil. 2009 11:50
par Philippe.HOTTON
Tiens, dans les cichlidés du Malawi devenu extrêmement rares : Nimbochromis venustus .

J'en ai vu un en 1996 près de Namalenje Island. Depuis plus rien. Stuart me disait en 2005 que ses pêcheurs n'en attrapaient pas 5 sur toute l'année dans tout le lac.

Faudra que je demande à Ad un de ces jours.

Posté : 30 juil. 2009 15:00
par cedricguppy
Philippe.HOTTON a écrit :Tiens, dans les cichlidés du Malawi devenu extrêmement rares : Nimbochromis venustus .

J'en ai vu un en 1996 près de Namalenje Island. Depuis plus rien. Stuart me disait en 2005 que ses pêcheurs n'en attrapaient pas 5 sur toute l'année dans tout le lac.

Faudra que je demande à Ad un de ces jours.
Salut,

Je suis allée faire un petit tour sur la liste rouge IUCN : http://www.iucnredlist.org/details/60891/0

Et voilà ce qu'ils en disent :

Nimbochromis venustus est endémique du lac Malawi et du lac Malombe. La principale menace pour cette espèce est la sur-pêche. Un déclin de capture de l'espèce, dû à la pêche locale est enregistrée pour la partie sud du lac, probablement en raison de la pêche au chalut commercial, mais la population est très répandue dans le reste du lac où la pêche au chalut est absent. Globalement, cette espèce est évaluée comme moins préoccupants.

perso : Bon ceci dit, un grand nombre d'espèces ne sont pas répertorier sur cette red liste et donc il se peut que l'espèce en question eût été sujette a quelques observations, du fait de rapport la notifiant moins commune dans certaine partie du lac (dans au moins certaine partie du lac..) comme le dit notre camarade Philippe.

Posté : 30 juil. 2009 15:14
par cedricguppy
gbarnga a écrit :
westafrica a écrit :En tout cas une chose est sûre : si on part battus ça foirera...
+1
pourquoi forcément être négatif?
Si l'ont par négatif, autant arrêter tout de suite, "bon c'est pas la peine on ne peut pas...", effectivement on est mal barré... :silly:

Posté : 30 juil. 2009 15:16
par BULU POINT
Et sur le même site (que je ne connaissais pas - merci de l'avoir renseigné, cela permet d'objectiver) on peut lire sur l'altolamprologus calvus ce qui suit :
Étendue de sa localisation : moins de 5 000 km2.
Danger car : Baisse continue de la qualité de l'habitat en raison de la sédimentation. Autres problèmes : pollution de l'eau, glissements de terrains et collecte pour le commerce aquariophile. Toutefois, l'espèce est très répandue.
Je n'ai pas bien pigé le niveau de menace qui pèse sur cette espèce et les espèces en général répertoriées sur la liste rouge. Si quelqu'un peut m'éclairer...

Posté : 30 juil. 2009 15:23
par cedricguppy

Posté : 30 juil. 2009 15:31
par cedricguppy
En gros le A. calvus est à deux doigts d'être considéré comme vulnérable, c'est-à-dire, interdiction de la péché, obligation de la reproduire de manière exemplaire dans nos bac etc.. etc..

C'est le statut type que l'on se doit de prendre en compte dès maintenant ou dans 20 ans peut-être moins, plus d'Altolamprologus calvus, bye bye joulie poipoi... salut tu étais joulili, mais nous et bien pfutt on s'en f...


Commentaire perso : :eek2: